Lettre à mon bourreau.

 » Si je pouvais te le dire,

J’ai eu affaire à toi assez tôt dans ma vie, je ne sais pas si c’était une bonne ou mauvaise chose, même si avec le recul je me rend compte que l’âge n’y aurait rien changé.

Quoi que.

Il est clair qu’aujourd’hui je me trimbale, par ta faute, de nombreuses casseroles qui, quand je pense les avoirs oublié, resurgissent comme par magie, et me reviennent en pleine gueule. Eh oui, car avant de te connaître, j’étais pleine de vie, pleine d’audace, rien ne me faisait peur, et ce qui était susceptible de m’effrayer, je prenais le risque de le contrer avant que la peur me paralyse.

Aujourd’hui, un rien me fait peur. Je me demande si je peux surmonter des flaques d’eaux alors qu’avant j’avais la prétention de croire que j’aurais pu parcourir les océans à la nage. C’est complexe, tu m’as fait passer du statut d’intouchable, à celui de femme touchée. Tu m’as détrôné, en faussant mes repères et en me faisant croire que la vie à deux, c’était forcément la soumission d’un être.

Dans les livres, la brutalité n’existe pas, du moins dans ceux que je lisais à l’époque. Maintenant même ceux que j’écris avec soin, sont ternies par la violence, et le néant car on m’a fait croire que derrière chaque parcelle de lumière y était greffé une part d’ombre.

C’est grave tu penses ? Moi, oui. Tu sais pourquoi ? Car aujourd’hui, la confiance que je t’accordais se resserre autour de mon cou à chaque fois qu’un homme s’approche de moi. Elle me rappelle que je n’en ai plus assez, que je ne peux plus en accorder car après ça, que me restera t-il ?

Ils en ont tous prit une partie. Mes bourreaux, oui, car il n’y a pas eu que toi dans ma vie. Tu m’as fait croire que l’amour se trouvaient dans les relations malsaines, alors sans le vouloir vraiment, je les aies cherchés. Le vice des hommes me rassurait, il me faisait croire que derrière cette façade se cachait la passion. Tu sais comme celle que nous avions au début ? Je me disait que peut être, la passion reviendrait, et qu’elle se camouflait derrière ce genre de profil.

La peur de mourir, où la peur de l’agression m’a parfois sauvé, je ne te le cache pas. Il y a eu des fois malgré tout où je n’ai pas été assez méfiante, et où je me rendais compte trop tard que j’avais été agressée. En rentrant chez moi, au volant de ma voiture par exemple. Il y a même une fois où je ne voyais plus la route car les larmes me barraient la vue. J’ai appris à mes dépends que l’on pouvait se faire violer par les personnes que l’on connaissaient depuis des années et en qui on avait encore un soupçon de confiance.

Oui, je me pensais perdu avec toi, mais j’ai connu bien pire, ça doit te rassurer de le savoir. Moi, pas. Je me disais que tu serais le seul homme a qui je permettait de me faire du mal, c’était sans savoir qu’ils me prendraient en traître, avec force, où parfois subtilité, car je dois t’avouer qu’ils savent y faire je te jure. Ce genre de révélation t’attriste ?

Pourtant tu n’as jamais su reconnaître les fois où tu m’as violée, manipulée, humiliée pour que je me plie à tes désirs, sous prétexte que nous étions fiancé. Une coquille vide, voilà ce que vous avez réussi à faire de moi.

Pourquoi je te le dis aujourd’hui ? J’en sais rien à vrai dire. J’ai envie de redevenir celle que j’étais avant, avant que vous me salissiez tous avec vos vices et vos mal êtres. Je n’en peux plus de porter vos histoires sur mes épaules, j’ai envie d’avancer. Quoi que je fasse, vous surgissez avec vos gueules de détraqués pour me rappeler que dans le passé, je vous ai appartenu de n’importe quelle façon.

Vous avez creusé un fossé entre les hommes et moi, et encore aujourd’hui, vous avez une emprise sur moi, c’est à vomir.

Si tu savais comme j’aimerais revenir en arrière. Ne jamais t’avoir connu, et avoir eu la force de te quitter ce 31 décembre après que tu m’ais étranglé, pour la première fois. C’était la première fois que tu allais aussi loin, je te comprend, je n’étais pas d’accord avec toi et il fallait que tu ais raison. C’était toi le mec, quoi de plus normal.

Mon départ m’aurait épargné beaucoup de séquelles, mais à cette époque, je n’en prenais pas conscience. Je pensais que j’oublierais tout aussi vite que ça c’est passé, mais c’était sans savoir que tu avais atteins une partie de moi que je ne connaissais pas encore. J’aurais pu réapprendre à trouver l’amour, et je me serais laissé une chance de guérir auprès de quelqu’un de  » normal  » et d’aimant. Mais non, tu ne m’as pas laissé cette chance. Au lieu de ça maintenant, j’évite les hommes car je sais qu’ils m’abandonneront comme vous l’avez tous fait.

Utilisée, objetisée, réduite au silence, jetée à la rue. Même mon entourage fermait les yeux, tu as, vous avez réussi à m’isoler des miens en me faisant croire que c’était de ma faute, que j’étais mauvaise.

Tu comprends, je sais que tu liras cette lettre, et que tu te reconnaîtra derrière chacun de mes mots, mais ne croit pas que c’est parce que tu me connais, bien au contraire. Je veux que tu ai ce message. Celui qui te fait prendre conscience de l’impact néfaste que tu as eu dans ma vie, comme dans celle de la plupart de tes ex. Mes bourreaux, eux, ne liront surement pas ce texte, tu t’en doutes, ils ne se sont même pas retournés sur mes états d’âmes, je n’étais que de passage dans leur vie. Toi c’était différent, tu as causé la plupart de mes troubles. Tu m’as vu sombrer, tu as tout fait pour, tu voulais me voir souffrir.

Alors ?

Comment tu le vis ? L’Association te plaît ? J’espère, car tu n’as pas fini d’en entendre parler.

J’ai réussi tout ce que j’ai entrepris tu t’en ai rendu compte j’imagine. J’ai compris que mon ambition te faisait peur, elle fait peur à beaucoup de monde c’est vrai. Mais de là à vouloir me détruire ? J’ai aussi compris que tu vivras avec un mal être bien plus douloureux que je n’aurai jamais l’occasion de connaître. C’est triste, enfin pas vraiment.

Je ne vais pas te dire que je ne t’en veux pas, je te méprise vraiment, mais la pitié remplace petit à petit la haine car je sais que tu te détestes bien plus que je ne pourrais jamais le faire.

Vois moi briller, vois moi devenir la meilleure version de moi-même, vois moi resplendir dans les yeux d’un homme bon. Vois tout ça, car tu es la seule personne à qui je le dois.
Merci.  »

X

 

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